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ROQUEFORT DES LANDES
Par isa le 16/08/2005

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ROQUEFORT DES LANDES

Novillos de Yonnet, 18h.



Arènes remplies au 3/4 ce qui est un remplissage honnête, mais on a vu mieux.



Sort un toro noir, avec un coté du mufle gris, comme s’il s’était frotté à un mur blanc. Raul Cuadrado l’entraîne au centre, très bien. Longue pique carioquée et sifflée, et le torero demande le changement. Une paire de banderilles manquée, le péon s’interroge, doit-il aller les ramasser, et les replanter, le voilà dans le doute. Mais son collègue plante deux paires, et lui va discrètement ramasser ses bâtons et les jeter derrière le callejon. Pendant ce temps le toro gueule tout ce qu’il sait. Puis la faena commence et il se tait, toréé jusqu’à la fin bouche cousue. Le public aussi se tait, attentif. Le toro donne de dangereux coups de tête à droite et aussi à gauche. Mais dès que le torero se croise un peu, ça passe parfois. Une mete y saca dans le poumon, et le toro s’effondre.

Là, mon voisin de derrière, un type à l’air sérieux avec une tête de notaire ou de prof d’économie s’est mis à siffler avec une violence inouïe, à dire que le torero l’avait fait exprès, que c’était… bref je ne sais plus, je me bouchais les oreilles, les sifflets je ne supporte pas, et les braillards aigris et frustrés encore moins.

Le second était un beau toro noir galopant. David Mora lui donne de supers passes au centre. Entrée du picador. Le toro, mal gardé par un péon se fait rattraper de justesse par le maestro sous les applaudissements. Une pique au mauvais endroit, sifflets (mon voisin !) Joli quite par chicuelinas, puis repique au mauvais endroit, sifflets, huées, bruit d’enfer… Le picador essaye de sortir discrètement, s’il avait pu passer sous la piste il l’aurait fait. David Mora essaye de nous brinder le toro, mais les sifflets redoublent, particulièrement dans mon cou, bonjour le froid produit. Belle faena au centre, le siffleur s’est enfin tu. Musique ! Puis David trébuche derrière le toro, qui en se retournant le voit, mais le gamin a de la ressource. Reprise de la faena, puis coup d’épée sur les côtelettes, et une entière rapide qui surprend tous les siffleurs. Un descabello, applaudissements.

Un grand toro noir sort au pas. Alberto Aguilar le chope et ne le lâche pas jusqu’à ce qu’un coup de corne ne lui coupe la cape en deux. Une pique longue et poussée sur 10 mètres. Le picador demande un changement de palo. Le toro arrive, frappe le cheval, et la pique se casse en deux. Clarines. Heureusement, parce que le picador avait l’air plein de mauvaises intentions avec sa troisième pique… Début de faena la main sur les planches, puis direction le centre. Musique ! De temps à autre un péon dans un costume vert des années 70 fait une apparition dans le ruedo, d’où il est obligé de battre en retraite sous les sifflets. Il fait quoi, celui la ??? Long placement pour mise à mort, toro distrait, Aguilar n’y arrive pas. Il est en train de le placer pour le second essai, quand le public réclame l’avis. On aura tout entendu ! Avis. Donc. Troisième essai loupé, quatrième, ça y est, ouf. Toro applaudi, Aguilar salut aux planches.

Le quatrième toro, un roux, balade Raul Cuadrado à la cape. Entrée d’un picador botéresque à l’air motivé. Quelqu’un crie « à la retraite ». Mon voisin siffleur semble calmé depuis que mon mari a dit que la culture taurine c’est comme la confiture, moins on en a plus on l’étale. Il était temps, je commençais à sentir poindre une contracture musculaire dans le cou. Une pique, puis le torero demande le changement, ce que la présidence refuse. Deuxième pique, ok. Sortie du picador sous les applaudissements. Faena molle, sans grand intérêt, puis musique, avec un début de trompette solo légèrement raté. Une entière en arrière, je me demande comment il a pu entrer son épée là, normalement il n’y a que des os… Un descabello, un avis, le toro se couche. Il fut applaudi lors de sa sortie.

Le cinquième est un beau toro qui galope sous les applaudissements. Mora l’occupe un peu à la cape. Une pique longue qui balade un peu le cheval. Ce toro a la diarrhée, sans doute la nourriture locale qu’il n’a pas supportée. Deuxième pique. Un péon se fait coincer par le toro et ne doit son salut qu’à un plongeon, mieux qu’un médaillé olympique… de plongeon bien entendu. Banderilles. Enfin, non : « banderille », car ils n’ont réussi qu’à en poser une seule. Un gars crie : « un saludo para la cuadrilla del arte » Morts de rire. Faena soporifique. Mon voisin derrière moi a une théorie (une de plus !) : « il le torait par le cul ». Épée 1/3. Les péones se regardent, que faire ? Finalement ils décident de l’enlever, et Mora replante une belle entière. Deux descabellos et il prend l’air de celui qui est désolé de n’avoir pu mieux faire.

Le sixième est un grand et beau toro noir. Le petit Aguilar lui donne de belles séries à la cape. Suivie de deux belles piques. Puis à la troisième le cheval dérape, et là j’ai cru au pire, j’ai pensé que le toro avait encorné le cheval dans le cou. La tête de l’animal était pleine de sang. Les gens crient d’horreur, une femme lance des chaussures à semelles compensées sur les toreros. David Mora est accroché à la queue du toro pour essayer de le sortir, c’est la panique en piste. Finalement le toro est éloigné, et le cheval relevé. Il n’a rien, le sang est celui du toro, mais c’est impressionnant de le voir comme ça. Le picador se remet en selle pour une quatrième pique, un peu sous les sifflets, beaucoup sous les applaudissements. Dans le callejon, à voir le regard incendiaire de Lucio, la dame n’est pas prête de revoir ses chaussures… Banderilles en désordre, et un début de faena sous les applaudissements. La présidence demande la musique, mais le maestro l’arrête d’un geste, enfin de plusieurs, car le chef d’orchestre est de dos. Sachant comme il aime jouer de la musique, il risque de ne pas porter Aguilar dans son cœur ! Faena qui m’a semblée courte, alors que le toro semblait encore plein de jus… Un type crie « izquierda ! » Il semblerait qu’Aguilar ait un peu oublié sa main gauche. Un essai de mise à mort sur les côtes, vite enlevé, puis un os. Une entière et le toro poursuit le péon jusqu’au milieu de la piste. Puis il se dirige vers les planches, sous les applaudissements, et il s’écroule.

Aguilar vient aux planches, s’essuie la figure, embrasse son apoderado, il semble satisfait. J’en ai vu, dans les mêmes conditions, pleurer, car ils avaient vu qu’ils passaient à coté de quelque chose… Lui ne se rend même pas compte.

Vuelta du toro, sous un tonnerre d’applaudissements. Vuelta aussi de la femme de l’éleveur.

Le type derrière moi grommelle : « c’est de la tauromachie de Schtroumpfs » Eh bien vous savez quoi ? J’avais Gargamel derrière moi toute la course !

isa du moun

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